Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi il peut être intéressant de consommer un multivitamines. Cependant, avec l’offre qu’il existe en matière de compléments alimentaires, il faut savoir faire les bons choix, c’est pour cela que je vais aussi vous expliquer comment choisir un bon multivitamines.

Par ailleurs, on parle de multivitamines, mais en général, ils contiennent aussi des minéraux, des oligo-éléments et autres micronutriments.

1. Pourquoi est-il intéressant de consommer un multivitamines ?

1.1 Pour combler les carences en micronutriments

La prise de ce type de complément a pour but de couvrir de manière simple, efficace et quotidienne l’ensemble des besoins en micronutriments de l’organismes. Il sera d’autant plus efficace que vous serez carencé. Pour justifier mon propos, je vais vous présenter quelques nutriments important, dont la population française manque.

La vitamine D [1,2,3] :

Selon l’institut de veille sanitaire en 2012, 80.1 % des Français, présentent une insuffisance en vitamine D, avec un taux inférieur aux 30 ng/mL minimum recommandé.

Les facteurs de risque sont : un niveau d’activité physique bas, le fait de ne pas partir en vacances et d’habiter dans une zone de faible ensoleillement.

En 2000, une étude a montré des carences en vitamine D, allant de 9 à 24 % des Français, en fonction des régions.

En 1997, une étude a montré des carences en vitamine D chez les Français, avec des pics dans les régions du Nord (29 % de la population carencée) et du Centre (31 % de la population carencée). La côte méditerranéenne n’étant pas épargnée avec un taux de 9 % de carence. Seul le sud-ouest avait un taux de carence de 0 %.

Les données des études de 1997 et 2000, proviennent de l’étude SUpplémentation en VItamines et Minéraux AntioXydants (SU.VI.MAX). Cette étude a suivi 13 017 français, entre 35 et 60 ans, pendant 8 ans (1994-2002).

Le magnésium [1,4] :

L’étude SUpplementation en VItamines et Minéraux AntioXydants (SU.VI.MAX) a montré que l’apport alimentaire moyen global était estimé à 369 ± 106 mg / jour chez les hommes et à 280 ± 84 mg / jour chez les femmes. Cette étude a montré que 77 % des femmes et 72 % des hommes avaient un apport alimentaire en magnésium inférieur aux apports nutritionnels recommandés ; et que 23 % des femmes et 18 % des hommes ont consommé moins des 2/3 des apports recommandés.

Officiellement, on pense qu’un français sur trois est concerné par un déficit en magnésium, mais nous allons voir que les mesures du taux de magnésium posent problème et qu’il y a peut être plus de personnes touchés par ce déficit.

N.B : Aux Etats-Unis, c’est 48 % de la population qui serait en déficit de magnésium.

La vitamine K2 [5,6] :

Une étude de 2013 a montré que les enfants comme les adultes avaient des niveaux élevés des deux marqueurs de l’insuffisance en vitamine K. Ce déficit, pourrait augmenter le risque de perte osseuse et de durcissement des artères. Les plus touchés étant les enfants et les adultes de plus de 40 ans.

Par ailleurs, la vitamine K2 est aussi importante pour le sportif afin de limiter la perte osseuse et le durcissement des artères dû à l’exercice physique.

1.2 Combler les pertes en micronutriments liées au mode de vie

Le mode de vie peut aussi mener à un manque de micronutriments, pour exemple :

  • La pollution va augmenter les besoins en antioxydants
  • Le stress va augmenter les besoins en magnésium
  • L’alimentation industrielle qui est pauvre en micronutriments

Le cas du sportif :

Par ailleurs, la pratique sportive régulière augmente les besoins en micronutriments, à cause de l’accélération des phénomènes physiologiques, du stress oxydant, des pertes urinaires et sudorales.

On comprend bien que si l’on cumul plusieurs de ces paramètres, on va augmenter le risque d’être en carencé et donc l’utilité d’un complément multivitamines.

1.3 L’importance d’un multivitamines [7]

Sans passer en revue toutes les carences de la population, on comprend que l’alimentation moyenne des français, ne suffit pas à apporter les doses minimales en certains micronutriments pourtant essentiels.

De plus, il se peut que les apports fixés par les autorités soient assez faibles. Pour rester sur l’exemple de la vitamine D, en France, les autorités recommandent entre 400 UI et 2 000 UI par jour, quand la littérature scientifique en conseille davantage (1 000 UI pour 15 kilo de poids de corps environ).

Par ailleurs, l’ANSES recommande 420 mg de magnésium pour les hommes et 360 mg pour les femmes. Ces apports sont importants et sans une alimentation saines ces valeurs sont difficilement atteignable. De plus, si on doit ajouter les pertes liées au stress, au sport… On se rend compte qu’une supplémentation peut être nécessaire.

Il faut aussi savoir, que les apports recommandés sont faits sur une moyenne et ne prennent pas en compte les variations individuelles, comme la capacité d’absorption ou les besoins des individus en fonction de leur mode de vie.

2. Comment choisir un multivitamines ?

2.1 Les éléments qui ne doivent pas être présents dans un multivitamines

L’objectif d’un bon multivitamines n’est pas d’apporter un maximum d’éléments, mais d’apporter les éléments qui sont indispensables à l’organisme dans des formes les plus biodisponibles et dans des doses efficaces et physiologiques. Il ne doit pas apporter des micronutriments que l’on peut avoir facilement dans l’alimentation ou des composants dangereux en excès.

Nous allons donc faire la liste des éléments inutiles et/ou potentiellement dangereux qui ne doivent pas être présent dans un multivitamines.

Les éléments inutiles [8,9,10] :

  • Le chrome : Le chrome est un oligo-élément, qui n’est pas essentiel pour l’Homme. En effet, aucun effet biologique n’a été prouvé par l’apport de chrome à dose nutritionnelle. Il est utile dans certains cas d’insulino-résistance et de diabète, mais à dose pharmacologique et non physiologique. De plus, la carence en chrome n’a pas été observée chez les personnes en bonne santé.
  • Le molybdène : Le molybdène est un oligo-élément dont la carence n’a jamais été réellement observée chez l’Homme.

Il n’est donc pas nécessaire d’avoir du chrome et du molybdène dans son multivitamines.

Les éléments potentiellement dangereux :

  • La vitamine A [11] : La vitamine A peut augmenter les risques de malformations au premier trimestre de grossesse. De plus, elle est soupçonnée de fragiliser les os. Par ailleurs, elle n’est pas antioxydants comme les caroténoïdes comme l’alpha et le beta-carotène, qui sont des précurseurs de la vitamine A. On va donc privilégier un multivitamines avec du béta-carotène.
  • Le fer [8,11,12] : Dans les pays riches, on va plutôt avoir des excès de fer, qui augmente le risque de cancer et de maladies cardio-vasculaires. En effet, le fer est un puissant oxydant, il favorise donc le vieillissement de l’organisme. De plus, il peut oxyder les autres composants du multivitamines et donc diminuer leurs bienfaits.

Quand prendre un complément en fer ?

Une supplémentation peut se faire chez les femmes avec des règles abondantes ou chez les hommes en carence, mais de manière temporaire.

En cas de carence en fer, on peut avoir des symptômes comme : de la fatigue, de la déprime, une diminution des performances intellectuelles et physiques. Mais pour l’objectiver, il faut faire une prise de sang avec dosage de la ferritine.

Un taux inférieur à 30 nanogrammes par litre indique que vous pouvez vous supplémenter et un taux supérieur à 150 nanogrammes par litre indique que vous devez au contraire réduite vos apports en fer.

  • Le cuivre [8,11,12] : Le cuivre est presque aussi oxydant que le fer. De plus, le cuivre est mal éliminé et donc il a tendance à s’accumuler dans l’organisme.
  • Le manganèse [8,11,12] : Le manganèse est aussi un oxydant. De plus, les déficits en manganèse sont très rares.

Le cuivre et le manganèse, comme le fer, peuvent oxyder les autres composants du multivitamines et donc diminuer leurs bienfaits.

On va donc éviter les multivitamines à prendre au quotidien avec du fer, du cuivre, du manganèse.

  • Le phosphore [11,13] : Le phosphore en excès est soupçonné, depuis quelques années, de favoriser les maladies cardiovasculaires, osseuses et rénales.

On va donc éviter les multivitamines avec du phosphore ou contenant des éléments liés au phosphore comme le glycérophosphate de magnésium par exemple.

  • Les excipients [11] : Ils n’ont pas leur place dans un multivitamines. En général, ce sont des sucres : fructose, gluco-fructose, maltodextrine, lactose. Mais on peut aussi avoir du phosphate. Ces éléments peuvent être liés à certaines pathologie à des degrés divers.

On évitera donc les multivitamines avec ce type d’ingrédient dans la composition.

2.2 Les bonnes formes de vitamines, minéraux et oligo éléments

Dorénavant, vous êtes capable de reconnaître les multivitamines à éviter. Cependant, pour reconnaître un bon multivitamines, vous devez être capable de comprendre la liste des ingrédients et de savoir s’ils sont sous la meilleure forme c’est-à-dire avec la plus grande biodisponibilité, et avec des doses efficaces (ni trop dosés ni pas assez).

  • Le béta-carotène [11,14,15] :

Le bêta-carotène naturel présent dans les fruits et légumes est composé à 50 % environ d’un isomère appelé all-trans-bêta-carotène, et à environ 50 % d’un isomère appelé 9-cis-bêta-carotène. On retrouve aussi des quantités faibles d’un autre isomère appelé 13-cis. Lorsqu’on chauffe ces aliments, la part du all-trans-bêta-carotène diminue, celles des isomères cis augmentent, en particulier celle du 9-cis. Cependant, le bêta-carotène synthétique contient surtout du all-trans-béta-carotène, avec des quantités mineures de 13-cis-béta-carotène, et encore moins de 9-cis-béta-carotène.

Le sérum contient surtout du all-trans, et des quantités négligeables des isomères cis, mais on trouve des quantités importantes de 9-cis-véta-carotène et de 13-cis-béta-carotène, dans d’autres tissus, comme le foie, ce qui laisse penser que les isomères du bêta-carotène possèdent des rôles biologiques spécifiques. En effet, le all-trans et le 9-cis en particulier donnent naissance dans l’organisme à leurs isomères respectifs de la vitamine A, l’acide rétinoïque all-trans et l’acide rétinoïque 9-cis.

La biodisponibilité du all-trans-béta-carotène semble plus importante que celle du 9-cis-carotène ou du 13-cis-béta-carotène, mais une étude de quelques jours n’a pas trouvé que le bêta-carotène synthétique est moins bien absorbé que le bêta-carotène naturel. Selon une étude conduite pendant deux semaines, qui comparait la biodisponibilité du bêta-carotène synthétique et du bêta-carotène naturel, ce dernier posséderait une activité antioxydante supérieure au bêta-carotène synthétique. De plus, dans une étude, des lésions précancéreuses ont pu être corrigées avec des suppléments de bêta-carotène naturel, mais pas synthétique. Par ailleurs, le béta-carotène synthétique entraîne des élévations anormales des taux de béta-carotène dans le corps avec une incidence possible sur le niveau des autres caroténoïdes.

Dans les compléments, la forme naturelle est appelée : Bêta-carotène issu de Dunaliella salina, mélange de caroténoïdes naturels, caroténoïdes issus d’algues.

Dans les compléments, la forme synthétique est appelée : Bêta-carotène

Les mélanges de caroténoïdes sont préférables au bêta-carotène seul, et sont encore plus intéressants s’il sont présents avec d’autres antioxydants (vitamines C et E).

On déconseille aux fumeurs et aux consommateurs d’alcool régulier (1 verre par jour) de choisir un multivitamines avec de fortes doses de bêta-carotène (25 mg).

  • La vitamine B6 [11,14] :

La vitamine B6 existe sous trois formes principales : pyridoxine (alcool), pyridoxal (aldéhyde) ou pyridoxamine (amine). Les végétaux apportent surtout de la pyridoxine, alors que les produits animaux contiennent majoritairement les deux autres formes. A l’état naturel, les trois formes peuvent recevoir des groupements phosphates. Dans les végétaux, la pyridoxine est parfois liée à du glucose (on dit qu’elle est glycosylée). Cette forme serait présente dans 5 à 80 % des fruits, légumes, céréales.

La forme de B6 présente dans les suppléments n’existe pas à l’état naturel : il s’agit d’un hydrochlorure de pyridoxine (pyridoxine HCl). Par rapport à la vitamine B6 synthétique, la forme glycosylée (des céréales, fruits, légumes) serait deux fois mieux absorbée, la B6 non glycosylée des végétaux absorbée à 85-95 %, et la B6 des produits animaux serait aussi bien absorbée.

Paradoxalement, cette biodisponibilité très efficace de la forme synthétique pourrait poser problème à haute dose. Il y a plus de 40 ans, Esmond Snell qui avec Roger Williams à l’université du Texas (Austin) découvrit la biotine, puis l’acide folique et finalement le pyridoxal et la pyridoxamine avait d’ailleurs émis l’hypothèse que l’accumulation de pyridoxine dans l’organisme pouvait dans certains cas conduire à des réactions indésirables. Des doses importantes de pyridoxine HCl non utilisées pourraient occuper plusieurs sites enzymatiques et empêcher la forme active de la B6 d’y accéder.

Des hautes doses de vitamines B6 HCL pourrait occuper certains site enzymatique et bloqué l’action de la vitamine B6 activée.

La vitamine B9 [11,14,16] :

Dans la nature, la vitamine B9 existe sous plusieurs formes désignées sous le terme de folates. Il ne faut pas les confondre avec l’acide folique, qui est une forme synthétique mise au point pour conférer à la vitamine plus de stabilité.

La vitamine B9 est composée de 3 éléments principaux : un noyau ptéridine ; une molécule d’acide para-aminobenzoïque (PABA) et une molécule d’acide glutamique (un acide aminé). A cette structure de base peuvent s’attacher d’autres résidus d’acide glutamique. L’ensemble est alors appelé folates ou polyglutamates. Ce sont généralement ces formes qu’on retrouve dans la nature.

Dans l’acide folique qui est la forme synthétique, le noyau ptéridine est réduit, ce qui lui donne plus de stabilité.

Par rapport à l’acide folique synthétique, la biodisponibilité des folates alimentaires est de l’ordre de 80 % et leur efficacité 50 % inférieure.  Cependant, à des doses supérieures à 500 µg par jour, l’acide folique n’est plus efficace pour faire baisser l’homocystéine, une substance qui est un facteur de risque cardiovasculaire. Par ailleurs, l’acide folique est métabolisé au niveau du foie. Or, le foie peut être rapidement saturé, et, à dose élevée, le corps peut être exposé à des doses significatives d’acide folique non métabolisé. Plusieurs études récentes suggèrent que cet acide folique non métabolisé peut s’accumuler dans le sang et les tissus. Il pourrait diminuer la capacité de l’organisme à utiliser les folates naturels de l’alimentation. Par ailleurs, des doses élevées d’acide folique pourrait augmenter le risque de cancer du côlon.

Les vitamines B6 et B9 synthétiques ne posent pas de problèmes aux doses modérées rencontrées en Europe dans les compléments alimentaires (1 à 2 mg/j pour la B6, 200 à 400 microg/j pour la B9). On évitera la consommation de plus de 200 microgrammes d’acide folique par jour (car il aura tendance à s’accumuler dans l’organisme), et plus de 10 mg de vitamine B6 sur de longues périodes. Lorsque des doses plus élevées sont nécessaires, on choisira une forme naturelle de folate, la L-5MTHF.

  • La vitamine B12 :

On privilégiera la vitamine B12 sous la forme de methylcobalamine que sous la forme de cyanocobalamine. En effet, la première est une forme naturelle que l’on peut retrouver dans l’alimentation et la seconde est synthétique. De plus, on ne la retrouve pas dans la nature, et elle a besoin d’être convertie en une forme active comme la methylcobalamine pour être utilisée par l’organisme.

  • La vitamine C [11,14] :

La vitamine C naturelle et la vitamine C de synthèse sont chimiquement identiques, il s’agit d’acide L-ascorbique. Plusieurs études ont comparé leur biodisponibilité sans trouver de différence notable.

Si votre budget vous le permet, vous pouvez acheter de la vitamine C d’origine naturelle ou des formes spéciales comme l’Ester-C. Cependant, il n’y a pas encore de différences d’efficacité entre ces formes et la vitamine C de base (synthétique ou naturelle).

Les suppléments de vitamine C doivent être pris avec précaution en cas de calculs à oxalate de calcium.

Si vous voulez des apports plus importants (autour d’un gramme par jour), il faudra que vous preniez de la vitamine C en plus de votre multivitamines, car elle est généralement dosée à 200 mg dans les multivitamines.

  • La vitamine D [17] :

Elle doit être présente sous forme de vitamine D3 et non D2, qui vide les réserves de vitamine D3.

De plus, il faut savoir, que la vitamine D2 se fixe moins bien sur le système de transport de la vitamine D. La vitamine D2 est donc détruite plus rapidement. De plus, lors du passage au niveau du foie, la vitamine D3 est cinq fois mieux transformée que la D2.

Par ailleurs, il est rare d’avoir un complément multivitamines avec assez de vitamine D3, il faudra donc choisir un complément à part.

  • La vitamine E [11,14] :

Le terme de vitamine E désigne, deux types de substances :

  • les tocophérols, dont il existe quatre types : alpha-tocophérol, bêta-tocophérol, gamma-tocophérol, delta-tocophérol selon le nombre de groupes méthyles (CH3) et leur position ;
  • les tocotriénols, dont il existe aussi quatre types : alpha-tocotriénol, bêta-tocotriénol, gamma-tocotriénol, delta-tocotriénol.

Les tocophérols sont les plus abondants dans l’alimentation, et parmi eux la forme la plus répandue est l’alpha-tocophérol. Elle est présente principalement dans les aliments gras et les huiles d’origine végétale, qu’elle protège de l’oxydation, c’est aussi la forme de la vitamine E présente les compléments (sous la dénomination réductrice de vitamine E). En revanche, presque la moitié de la vitamine E trouvée dans le corps humain est présente sous la forme de gamma-tocophérol, qui pourrait avoir une action antioxydante plus forte que la forme classique alpha-tocophérol, sans qu’il soit possible pour l’instant de conclure. Dans les compléments, on la retrouve dans les mélanges de vitamine E naturelle.

Les formes naturelles de vitamine E (d-alpha tocophérol) sont plus biodisponibles que les formes synthétiques (dl-alpha-tocophérol), car la vitamine E naturelle se maintient sensiblement plus longtemps dans des tissus corporels. Ces différences s’expliquent par le fait que la vitamine E est transportée par des protéines spécifiques. Dans le foie, une protéine se lie à l’alpha-tocophérol naturel de préférence qu’aux autres stéréo-isomères. La forme naturelle de la vitamine E est  donc incorporée préférentiellement dans les lipoprotéines de très basse densité (VLDL) puis dans les autres lipoprotéines avant d’être délivrée aux tissus. Selon les études, la vitamine E naturelle a, par rapport à la synthétique, une disponibilité supérieure de 30 % à 150 %. Le site, LaNutrition.fr considère que la biodisponibilité de la vitamine E naturelle est 2 fois plus importante que celle de la vitamine synthétique.

Dans une étude, des suppléments de vitamine E naturelle à dose élevée (1600 mg/j pendant deux semaines) ont autant diminué la susceptibilité du cholestérol LDL à l’oxydation que des suppléments de vitamine E synthétique. Cependant, cela ne veut pas dire que des doses plus faibles auraient eu des effets similaires. De fait, une autre étude a trouvé qu’il fallait 800 UI de vitamine E synthétique pour obtenir la même protection antioxydante du cholestérol LDL que 400 UI de vitamine naturelle. Par ailleurs, la vitamine E synthétique peut faire chuter les taux sanguins de gamma-tocophérol, indispensable pour lutter contre certaine polluants et oxydants azotés difficiles à contrôler.

Aux doses habituelles, la vitamine E synthétique est moins biodisponible et moins efficace que la naturelle. Officiellement, on considère que pour obtenir l’équivalent de 100 mg de vitamine E naturelle, il faut prendre 136 mg de la forme synthétique, c’est-à-dire augmenter d’un tiers environ. En réalité, on ne le sait pas précisément.

Il faut donc privilégier les suppléments apportant un mélange d’isomères de tocophérols naturels, voire idéalement des deux familles, tocophérols et tocotriénols (les tocoptriénols possèdent toutes les propriétés antioxydantes de la vitamine E ; on les trouve dans le son de riz, l’huile de palme et dans certains compléments alimentaires).

On préféra donc la présence des 4 tocophérols et des 4 tocotriénols dans un complément multivitamines.

  • La vitamine K2 [6,18] :

La vitamine K agit comme un régulateur, favorisant le dépôt de calcium dans les os au détriment des dépôts vasculaires néfastes. Un déficit en vitamine K va provoquer l’effet inverse, ce qui va poser problème pour les os et pour les parois vasculaires. On estime qu’entre 30 et 70 % des individus sont déficients en vitamine K

En 2015, une étude a montré qu’une complémentation en vitamine K2 MK-7 a permis une diminution significative de la rigidité vasculaire et du marqueur dp-ucMGP, qui est un facteur de risque de durcissement des artères. Par conséquent, une dose quotidienne de vitamine K2 pendant trois ans améliore la santé des vaisseaux sanguins chez des femmes ménopausées en bonne santé, notamment celles qui ont déjà des problèmes de rigidité artérielle.

La complémentation peut se faire par un cocktail de vitamine K1 et K2 ou simplement de K2 sous la forme MK-7.

  • Le sélénium [19] :

Le sélénium est un oligo-élément qui doit être présent sous la forme de sélénométhionine, qui est la principale forme que l’on trouve dans les aliments. Elle est bien absorbée et est métabolisée directement ou alors incorporée dans les protéines du corps à la place de la méthionine, surtout dans les muscles, les globules rouges, le pancréas, le foie, l’estomac, les reins et la muqueuse gastro-intestinale. Le remplacement de la méthionine par la sélénométhionine ne modifie pas la structure des protéines et apporte une protection antioxydante améliorée.

Les sels inorganiques et les formes chélatées sont métabolisées pour fournir du sélénium, dont la biodisponibilité est médiocre.

  • Le magnésium et le zinc [11] :

Pour le magnésium, on va privilégier le citrate de magnésium ou le bisglycinate de magnésium.

Pour le Zinc, on va privilégier le citrate ou de gluconate de zinc. Mais attention, la dose de zinc ne doit pas dépasser 15 mg de zinc par jour dans le complément.

Il est très rare qu’un multivitamines contiennent assez de magnésium, il faudra donc souvent en prendre en plus du multivitamines.

2.3 Les autres éléments présent dans un multivitamines

Dans un multivitamines on peut avoir aussi des éléments autres que des vitamines, minéraux ou oligo-éléments dont certains peuvent être très intéressant. Prami eux, la choline, la N-acetyl-cystéine ou la coenzyme Q10.

3. Les meilleurs marques

Dorénavant, vous savez comment choisir un complément multivitamines/ multiminéraux, de qualité. Cependant, je vais quand même vous conseiller les marques, qui sont selon moi, les meilleurs en termes de qualité.

Je vais vous proposer différentes solutions pour obtenir une combinaison de vitamines, minéraux et oligo-éléments optimale.

Solution n°1 :

  • Le multivitamines essentiel de la marque UNAE : C’est l’un des meilleurs multivitamines du marché. Il contient toutes les bonnes formes de micronutriments et aucun des éléments à éviter que nous avons vu ensemble. De plus, les micronutriments sont présents à des doses efficaces. Par ailleurs, il contient de la vitamine K2 mk-7 microencapsulée, ce qui évite sa dégradation dans le temps. Lors de son achat, vous recevrez en cadeau la vitamine D3 en goutte. Il ne contient pas de magnésium, il faut donc le prendre à part. On apprécie aussi la présence de choline, N-acetyl-cystéine, de coenzyme Q10.
  • Le magnésium de la marque UNAE (Omnimag) : Une des meilleures formes de magnésium du marché (taurate de magnésium et malate de magnésium).
  • Si vous voulez davantage de vitamine C, vous pouvez prendre de la vitamine C (Quali-C) de Nutrimuscle.

Avec ces 3 compléments, vous avez toutes les vitamines, minéraux et oligo-éléments dont vous avez besoin, de la meilleure qualité.

Solution n°2 :

  • Le multivitamines Nupower, de la marque Nutriting : : Il contient la plupart des bonnes formes de micronutriments et aucun des éléments à éviter que nous avons vu ensemble. On notera la présence de chrome qui n’est pas nécessaire et la présence de cyanocobalamine et non de methylcobalamine. Les doses sont bonnes, mais il ne contient pas assez de vitamine D et de magnésium et pas du tout de vitamine K2. On apprécie présence de N acetyl cystéine et de coenzyme Q10.
  • Vitamine D3 et K2 de la marque Dplantes.
  • Magnésium de la marque Nutriting ou de la marque Nutrimuscle : Très bonnes formes de magnésium.
  • Si vous voulez davantage de vitamine C, vous pouvez prendre de la vitamine C (Quali-C) de Nutrimuscle.

Avec ces 5 compléments vous avez toutes les vitamines, minéraux et oligo-éléments dont vous avez besoin, de la meilleure qualité.

Pour aller plus loin :

On peut noter que ces compléments ne contiennent, pas les 4 types de tocotriénols (seul le multivitamines de Nutrimuscle en possède). De plus, la présence d’ubiquinol est plus intéressante que la présence de coenzyme Q10. Pour information, Nutrimuscle vend de l’ubinquinol si vous voulez vous supplémenter.

BIBLIOGRAPHIE

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[19] lanutrition.frComment choisir un complément antioxydant. [Consulté le 1 octobre 2019]. Consultable à l’URL : https://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/les-nutriments/vitamines/vitamines-naturelles-ou-synthetiques-

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